Je mange certains jours comme un oiseau, d'autres comme un porc. Je réapprends à manger à ma faim. Je ne dors plus beaucoup. Ma tête me hurle de travailler, mes yeux d'aller me coucher, et quelque chose en moi me dit que de toutes façons je ne ferais jamais mieux que les autres. Je me sens désespérément motivée pour quelque chose qui m'échappe. Juste penser à rendre son boulot à l'heure, il n'y a plus de plaisir à cela. J'essaie. J'essaie dur, j'essaie fort. L'espoir d'un an prochain me tient debout, m'amuse, me rend folle de joie. Je ne veux plus de ce système scolaire. Je ne veux plus de mots d'absence pour dix minutes de retard. Je ne veux plus huit projets en même temps. Et je voudrais plus d'heures dans mes journées pour dormir, et bosser, mais je n'arrive pas à contacter le service client pour obtenir mon premier forfait bloqué 3h de plus par jour.
La vie me semble dure, sombre, mais terriblement belle. Je commence à me sentir en vie. Sortant parfois prendre un verre avec M. et ses amis, une fille qu'elle est chouette, mais qu'au fond d'elle même c'est quand même super triste. Je ne veux plus être une autre. Je veux faire plein de choses.
Mon voisin a kidnappé mon colis avec ma nouvelle tablette graphique premier prix dedans pour remplacer l'ancienne qui a décidée de me quitter sans m'en parler. Ou alors, je ne l'écoutais pas. Mais mon voisin est rentré chez lui. Et c'est bien dommage, d'ailleurs, qu'il n'ait pas pensé à remettre le colis à quelqu'un d'autre, parce que j'en aurais eu besoin, moi, de cette tablette. Mais ce matin j'ai récupéré son colis à lui. Ahah. Il n'a qu'à bien se tenir. Quand il reviendra de week end, je pourrais entamer les négociations.
